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Quand j'ai touché le fond

Le 21 août 2016, 16:37 dans Humeurs 0

Il restait un mois avant la fin de l'année scolaire. Ce mois a été terrible. Moi qui suis si investie dans mon travail, je ne faisais absolument plus rien. J'en étais incapable. J'étais à peine capable de me lever et d'être présente. Les nuits étaient affreuses et je ne mangeais toujours pas. Et puis ce mal de ventre, ce putain de mal de ventre qui me tenait et ne s'en allait jamais.
On s'était promis d'être honnête si l'un de nous trouvait quelqu'un histoire de ne pas l'apprendre par une tierce personne. Et c'est là que l'enfer a commencé pour moi. Le véritable enfer. Un dimanche soir, deux jours avant les grandes vacances. Un sms qui m'annonce qu'il a un rencard, que ça va se faire. Je me souviens que j'étais dans le couloir de mon appartement et que je suis tombée. Au sens propre. Mes jambes m'ont lachée. Je suis tombée par terre et je n'arrivais plus à respirer. Je n'arrivais plus à rien, j'étais clouée au sol. Je n'ai pas dormi de la nuit. J'ai vomi alors même que je n 'avais rien dans le ventre. Le lendemain je me suis mise en arrêt. Je ne pouvais plus, je rendais les armes en quelque sorte. Deux jours avant la fin, alros que j'avais promis à mes élèves un film, des jeux, un goûter. Je les ai abandonnés. Je les ai laissés là car je n'y arrivais plus. J'ai inventé une banale histoire d'intoxication alimentaire. Et j'ai sombré au fond de mon lit. Le pire c'est qu'on s'est parlé toute la journée, toute la journée. J'avais envie de le voir, besoin de le voir, besoin de lui prouver que moi aussi je pouvais lui donner ce qu'il voulait. C'est pile à ce moment-là, pile là que j'ai perdu toute dignité. Car oui, j'y suis allée le lendemain et d'autres fois aussi. Les choses étaient claires, pour lui c'était physique et j'ai réussi à lui donner l'illusion que pour moi aussi. Pourquoi me suis-je infligée ça ? Je n'en sais rien. Je m'accrochais à du vent, aux miettes qu'il me donnait, je n'étais plus moi, je n'étais plus rien. 
Et ce putain de portable qui vibrait non stop, des filles rencontrées en soirées, des plans culs, tout pour me faire du mal. C'était horrible, et le plus tragique c'est qu'à force je m'habituais à la douleur. Je me suis habituée à la douleur, à être l'ombre de moi-même, à faire semblant, à mentir. On s'était dit qu'on arrêterait le jour où l'un d'entre nous serait officiellement en couple. Et c'est arrivé, de son côté. L'effet d'une deuxième claque dans la tronche. Sur le coup je n'ai rien senti, à force de recevoir des coups je ne sentais rien du tout. Et pourtant les dommages étaient terribles... Il m'a encore jeté sans ménagement. 7 ans de relation et lui n'a pas vu un seul instant le mal engendré pendant ce mois où nous nous sommes revus régulièrement. Il n'a rien vu. Il m'a utilisée puis jetée. Il n'a rien vu, lui qui soit-disant m'a aimé 7 ans.

Le jour d'après

Le 30 juillet 2016, 19:09 dans Humeurs 0

C'est ainsi qu'une collègue a appelé ce jour-là. Le jour d'après, celui où la veille tu as eu le temps de réaliser à peu près ce qu'il t'arrivait.
Ca a été une journée horrible, comme la veille. Plus encore, il venait le soir même pour qu'on s'explique enfin face à face. J'étais totalement stressée, un mal de ventre terrible. Je n'ai pas mangé encore une fois. Il est arrivé et on a parlé toute la soirée. A coups de reproches, de sourires, de pleurs. Beaucoup de pleurs pour lui comme pour moi. J'ai alors réalisé qu'il souffrait réellement. Pas de la même manière que moi (c'est quand même lui qui a pris la décision ne l'oublions pas) mais qu'il souffrait. Il est resté dormir, juste dormir, car il était très tard pour faire la route. Les adieux du lendemain ont été insupportables. Je n'arrivais plus à contrôler mon corps ni ma respiration. Je tremblais, je pleurais, j'étais une serpillère. Il est parti et mon premier réflexe a été de vomir. C'est un peu mon réflexe de survie dès qu'une douleur est trop forte. Et je me suis couchée. Et j'ai pleuré, tellement pleuré... Et je lui ai téléphoné. Une de mes pires erreurs dans toute cette histoire de rupture c'est ça. J'ai gardé et forcé le contact. Jusqu'à l'en dégouter. J'avais toujours clamé haut et fort que si un jour on se séparait je couperai les ponts. Il m'a demandé de ne pas le faire en me quittant. Quelle erreur... J'ai gardé ce contact pendant 2 mois. C'est long 2 mois... Incapable de m'en décrocher, c'était notre seul lien pendant notre histoire (à distance rappelez-vous !) et ça me donnait un semblant d'illusion. Mais une illusion de quoi ? Quand il n'y a plus rien derrière. Je me suis fait plus de mal qu'autre chose. J'ai eu droit à un magnifique sms à base d'insultes pour mettre fin à ce contact. Parfait. Prends-toi ça encore une fois ma vieille. Je me suis totalement perdue moi-même. Il était passé à autre chose bien avant la rupture. Il avait déjà fait son deuil. Il n'était pas triste de me quitter, juste triste de me voir sombrer. Depuis il m'a souvent répété qu'il couperait les ponts si je n'arrivais toujours pas à m'en remettre. J'aurai dû partir la tête haute, le menton fier ! A côté de ça, je n'ai pas voulu lui faire de mal en rompant tout contact et c'est moi qui le paie encore aujourd'hui...

Premier jour

Le 30 juillet 2016, 00:52 dans Humeurs 0

Dieu que le réveil a été difficile ! J'avais décidé d'aller travailler. J'ai longtemps hésité la veille, j'y vais, j'y vais pas ? J'y vais. J'étais persuadée en restant chez moi de finir par sauter du 2ème étage pour stoper la douleur et j'avais encore assez de jugeotte pour me dire que c'était une idée très con con. J'ai donc déjeuné trois céréales en pleurant. Je me suis préparée en pleurant. J'ai passé les 30 min de trajet en voiture à pleurer et puis je me suis garée devant l'école. Et je me suis sermonnée. A coup de "Ma vieille tu vas pas flancher devant les élèves, sois pro, ne laisse pas ce sale petit con t'affecter autant, ne montre rien !" Regonflée à bloc je me vois traverser la cour, entrer, monter l'escalier et croiser une collègue. Et là toutes mes bonnes résolutions sont tombées à l'eau. Elle m'a juste regardée en tendant les bras avec un petit "Viens là !" et je me suis littéralement effondrée. Après moults reniflements je suis entrée dans ma classe. J'avais l'impression d'être une biche apeurée qu'on avait posé là. Incapable de trouver quoi faire, de savoir où me mettre, rien. Je me suis assise à mon bureau, j'ai ouvert mon sac et deuxième collègue est rentrée. "Ca va ?" J'ai du faire une de ces têtes... elle a couru à mon bureau pour me prendre dans ses bras et me faire des tas de bisous. Usine à chouinerie et à morve 2ème round de la journée ! Ca sonne, il faut aller récupérer les monstres en bas. Essuyage de pif, les yeux on repassera ils sont rouges et gonflés. Manquerait plus que je croise un parent d'élève qui ira direct téléphoner à mon inspecteur pour lui annoncer que je me drogue. Je descends, je souffle, je respire, j'ai peur et j'ai mal au ventre. Comme si j'avais reçu des coups. J'ai mal au ventre constamment. Et ça aussi c'était un des symptomes qui allait me poursuivre très longtemps. 3ème collègue, pas au courant encore, j'ai oublié de lui envoyer un sms. "Tu as une tête bizarre". Oh putain, je suis entourée d'élèves et je sens que ça monte. Je vais exploser, non je ne peux pas, pas là. Je commence à pleurer et à l'emmener par le bras dans les toilettes. Les élèves m'ont vu. Merde. Je ne voulais pas ça. Bref, encore usine à chouinerie et à morve 3ème round. Je me refais une beauté et pars affronter mes 20 monstres. J'esquive la question "Pourquoi vous avez pleuré ?" et on monte en classe. Les pauvres. Ils ne savaient pas que toute la fin de leur CM2 était foutue. J'ai fait classe n'importe comment. J'ai improvisé. Jamais je n'ai travaillé ainsi, jamais je ne me suis permise tout ça. Mais j'étais incapable de faire mieux. J'écrivais la date au tableau avec un mal de ventre énorme, en me disant "Ce ne sera plus comme avant". Je reniflais toutes les 3 secondes, je me mordais la langue quand je sentais que j'allais m'effondrer. C'était terrible. La cantine, j'ai mangé trois bouts de je ne sais quoi. Je n'en pouvais plus.
Et le pire dans tout ça... Messenger (Facebook) toute la journée à discuter avec LUI. Je crois que j'en avais besoin. Besoin de comprendre. Je déteste ne rien comprendre. Besoin d'avoir des explications. Il a pris le temps. Je lui ai demandé de venir le lendemain pour qu'on parle face à face. Il a accepté. Plus tard il me le ressortira en héros "Je me suis quand même déplacé je te rappelle." Quel con. C'est moi qui lui ai demandé. Il voulait venir "dans 3 semaines", ben oui n'affrontons rien ! Bref, on a passé la journée à discuter. Je me suis encore pris des tas de reproches évidemment. Il se contredisait sur tout et n'importe quoi. Je commençais à comprendre. Il voulait revivre sa jeunesse. Nos 20 ans, quand il enchaînait les filles et les soirées. C'était tout con. Il n'avait jamais changé. Et là ce n'était que la face cachée de l'iceberg, ce que j'allais découvrir les deux mois suivants allait me faire encore plus ouvrir les yeux.
15h45, je prends mes affaires et je rentre. D'habitude je restais à l'école, finir les corrections, discuter avec les collègues. A partir de ce jour je ne suis jamais plus restée jusqu'à la fin de l'année. Je ne me sentais pas forcément mieux chez moi toute seule. Mais je ne sais pas, je fuyais toutes les situations.
Ce 26 mai a été terrible à vivre. Et cette élève venue à mon bureau "Vous n'avez pas l'air bien. - J'ai mal à la tête. - Ce n'est pas votre mal de tête, pas vrai ? - C'est vrai." CA je n'aurai jamais voulu le vivre !

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