C'est ainsi qu'une collègue a appelé ce jour-là. Le jour d'après, celui où la veille tu as eu le temps de réaliser à peu près ce qu'il t'arrivait.
Ca a été une journée horrible, comme la veille. Plus encore, il venait le soir même pour qu'on s'explique enfin face à face. J'étais totalement stressée, un mal de ventre terrible. Je n'ai pas mangé encore une fois. Il est arrivé et on a parlé toute la soirée. A coups de reproches, de sourires, de pleurs. Beaucoup de pleurs pour lui comme pour moi. J'ai alors réalisé qu'il souffrait réellement. Pas de la même manière que moi (c'est quand même lui qui a pris la décision ne l'oublions pas) mais qu'il souffrait. Il est resté dormir, juste dormir, car il était très tard pour faire la route. Les adieux du lendemain ont été insupportables. Je n'arrivais plus à contrôler mon corps ni ma respiration. Je tremblais, je pleurais, j'étais une serpillère. Il est parti et mon premier réflexe a été de vomir. C'est un peu mon réflexe de survie dès qu'une douleur est trop forte. Et je me suis couchée. Et j'ai pleuré, tellement pleuré... Et je lui ai téléphoné. Une de mes pires erreurs dans toute cette histoire de rupture c'est ça. J'ai gardé et forcé le contact. Jusqu'à l'en dégouter. J'avais toujours clamé haut et fort que si un jour on se séparait je couperai les ponts. Il m'a demandé de ne pas le faire en me quittant. Quelle erreur... J'ai gardé ce contact pendant 2 mois. C'est long 2 mois... Incapable de m'en décrocher, c'était notre seul lien pendant notre histoire (à distance rappelez-vous !) et ça me donnait un semblant d'illusion. Mais une illusion de quoi ? Quand il n'y a plus rien derrière. Je me suis fait plus de mal qu'autre chose. J'ai eu droit à un magnifique sms à base d'insultes pour mettre fin à ce contact. Parfait. Prends-toi ça encore une fois ma vieille. Je me suis totalement perdue moi-même. Il était passé à autre chose bien avant la rupture. Il avait déjà fait son deuil. Il n'était pas triste de me quitter, juste triste de me voir sombrer. Depuis il m'a souvent répété qu'il couperait les ponts si je n'arrivais toujours pas à m'en remettre. J'aurai dû partir la tête haute, le menton fier ! A côté de ça, je n'ai pas voulu lui faire de mal en rompant tout contact et c'est moi qui le paie encore aujourd'hui...