J'hésite aussi avec : LE jour où tout s'est terminé.

C'était donc un mercredi. Le 25 mai 2016 pour être précise. La veille j'avais passé la journée les pieds dans un volcan avec 40 gamins pour cause de voyage scolaire. On s'était gelé la nouille comme jamais d'ailleurs. Mercredi, 18h30, coup de téléphone. Comme chaque jour. Une habitude, car oui en 7 ans on prend des habitudes comme se téléphoner tous les jours à la même heure pour ne rien se dire et ça nous rend heureux. Appel manqué, j'étais au téléphone avec mon papa. Je rappelle. Et là. Coup de massue. Uppercut dans le coeur. Claque dans la tronche. J'ai eu l'impression qu'une force invisible venait de me projeter à travers la fenêtre et que je tombais en continu. D'ailleurs depuis, j'ai toujours l'impression de tomber, le gouffre est profond !
C'était fini. Terminé. Assaisoné de "Je ne t'aime plus." avec pas mal de reproches évidemment. Je me souviens exactement de l'endroit où je me trouvais dans mon appartement. Sur mon fauteuil de bureau. J'étais en train de tapoter sur l'ordinateur une vague fiche de prép' pour occuper mes élèves le lendemain. J'étais là. Et ensuite j'ai eu l'impression de m'observer. Comme si j'étais sortie de mon corps l'espace d'un instant. Je m'observais de l'extérieur. Je bougeais en marmonnant des mots tels que "C'est pas possible, c'est pas vrai". Je bougeais d'une pièce à l'autre. Mais je ne criais pas. Je ne pleurais pas. J'étais vide. C'est ce qui m'a le plus surprise. Ma réaction. J'aurai du crier, pleurer, hurler, l'insulter. Le fait est, qu'il me larguait par téléphone. Par téléphone au bout de 7 ans. Alors qu'il se trouvait à 2h30 de route. 2h20 quand on ne fait pas de pause. 2h20. Et non, il n'a pas fait le déplacement. J'ai réclamé un skype dans la foulée, je voulais l'avoir en face de moi. Bon rebelote, les explications qui n'ont aucun sens, les reproches. Je n'ai rien compris à ce qu'il m'arrivait. Presque 2 heures de skype où je n'ai rien compris. Absolument rien. 
Il a averti tout le monde une fois le skype coupé. Tout le monde. Je n'avais même pas eu le temps de comprendre ce qu'il se passait. Sa famille, nos amis communs. Merde, mais que m'est-il arrivé ? Je ne réalisais pas. Et je continuais à tomber, à tomber encore et toujours. Une chute interminable. Je ne sais plus si j'ai réussi à dormir. J'appréhendais tellement la journée du lendemain. J'ai averti mes collègues par sms de la situation. Mes parents. Quelques amis. Certains m'ont dit "Ca s'arrangera tu verras !" et je répondais "Non". 
Je le savais. Je crois que je savais depuis longtemps que ça battait de l'aile, mais on avait traversé tellement d'épreuves que j'étais persuadée qu'on remonterait la pente. Il a pris la fuite. Comme un lâche. Par téléphone. Incapable de m'affronter. 
Et moi dans tout ça je n'ai même pas pris la voiture pour aller le voir. Je ne l'ai pas fait. Je ne suis pas allée le supplier. Jamais. Par fierté ou parce qu'au fond je savais. Je n'en sais rien.
Mais la chute par contre n'en finissait pas...
Je n'ai pas mangé ce soir là. C'était le premier repas que je sautais depuis longtemps. Et le premier d'une très longue série. J'ai pris une douche en pleurant, j'ai enfilé mon pyjama en pleurant, je lui ai envoyé un sms ou lui ai téléphoné en pleurant mais pour rien dire, juste pour me rassurer. Je me suis allongée sur mon lit en pleurant et j'ai du dormir 2 heures. Je n'avais pas encore compris que la chute que je vivais n'allait pas se terminer de si tôt. Que j'allais vivre un enfer sur terre. Que j'allais découvrir le pire de moi en tentant de sauver le meilleur. Mais j'avais conscience d'avoir tout perdu. Ma confiance en moi, mon amour propre, ma dignité, son amour, mon pillier, mes 7 ans d'amour. Tout partait en fumée et j'étais une simple spectatrice.
Je me plais à croire qu'on est tous des phoenix (renaître de ses cendres et tout ce tas de conneries). Pour l'instant je suis à l'état de cendres.